Présentation du Patriarcat

Le Patriarcat Orthodoxe des Nations ne résulte pas de l’importation et de l’implantation dans un passé récent de réalités étrangères aux coutumes ancestrales de notre pays, et qui le demeurent.

Ces réalités se sont incarnées dans les Eglises Orthodoxes d’émigration, lesquelles ont leur pleine justification pour les étrangers qui aspirent à conserver leurs coutumes propres.

Notre eglise, au contraire est une « production du terroir », un fruit longuement mûri durant le cours des âges. Elle a bénéficié exactement des mêmes influences qui, dans la richesse de leur variété, ont constitué l’âme de notre peuple, et elle les a appliquées au service divin. Elle est par excellence, autochtone.
L’Eglise du Patriarcat des nations est dans chaque pays une Eglise locale, comme toutes celles qui sont apparues dans toutes les nations, d’abord au sein de l’Empire Romain, puis en dehors de ses limites.
Cette Eglise locale a fleuri en Gaule dès le début du christianisme, elle a su faire prévaloir en son temps la saine doctrine orthodoxe : sa contribution à la lutte contre l’arianisme a été exemplaire. Elle a tenté de résister, à maintes reprises contre la transformation du devoir de « présidence dans la charité » reconnu à l’Eglise de Rome, en un pouvoir papal devenu de plus en plus centralisateur et dominateur.
Plus récemment, la tendance qu’elle incarnait en dépit de tous les obstacles a fait émerger, après plusieurs autres, le P.Louis Irénée Winnaert ( 1880-1937), un prêtre catholique qui s’efforçait de retrouver l’authenticité de l’Eglise du Christ, telle qu’exprimée dans les écrits de l’apôtre Paul, et a été le co-fondateur de l’Eglise orthodoxe occidentale.
Elle réfère à l’Orthodoxie traditionnelle, à laquelle elle aspirait, en la personne d’Eugraph Kovalesky (1905-1970), qui arrivé en 1920 en France avec ses parents après la révolution russe, éprouvait, de son côté, le fervent désir d’y retrouver les traces de l’Eglise Indivise, et qui entreprit, grâce à la Confrérie de saint Photius, fondée à son initiative en 1925, de restaurer l’Eglise Orthodoxe des Gaules avec sa liturgie, telle qu’elle avait existé au premier millénaire, non point comme une reconstitution archéologique, ce qu’avaient déjà réalisé plusieurs liturgistes des XVIIIe et XIXe siècles, mais vitalement, selon son esprit, ses rites et ses constitutions adaptés aux conditionnements contemporains.
L’antique Eglise locale reprit naissance en France, avec la bénédiction de l’Eglise orthodoxe russe, en 1936 qui, comme nous le déclarons "accepte ce que l’Eglise Orthodoxe accepte et rejette ce qu’Elle rejette".

Le Patriarcat orthodoxe des Nations, présent sur les cinq continents est donc une Eglise orthodoxe confessant la même foi que les Eglises orthodoxes grecques, russes, roumaine, bulgare, serbe, etc.
Ses dogmes, sa théologie et sa foi ne diffèrent en rien de ceux des Eglises orthodoxes d’orient.
Orthodoxie signifie glorification droite( ou juste), présupposant la vie dans la « vraie foi ». Elle est une Eglise « catholique » comme toutes les Eglises Orthodoxes et comme l’Eglise Romaine. « catholicité » signifie en effet « plénitude universelle de la Vérité » opposée à toute limitation.
Elle est aussi une Eglise de France, c’est-à-dire une Eglise locale selon le principe de l’unité dans la diversité qui règle l’organisation des Eglises orthodoxes. C’est ainsi que, selon le même principe, elle n’a jamais utilisé pour son culte d’autre langue que la langue maternelle du peuple : en France, le français. Ceci s’applique avec les mêmes principes dans chaque pays où elle est présente.
Elle s’est appliquée à restaurer certains usages liturgiques locaux propres à l’occident mais abandonnés au cours des derniers siècles et inconnus des Eglises orientales, usages compatibles avec l’intégrité de la foi orthodoxe et avec la tradition de l’Eglise indivise du premier millénaire, et qui aident les fidèles à prendre plus intimement conscience des mystères liturgiques.
Elle ne représente pas, on l’a dit, un retour archéologique à un état de l’Eglise existant aux Vie et VII siècles en Gaule, mais la résurgence visible d’un courant souterrain qui n’a jamais cessé de se manifester à travers des personnalités diverses , et qui prend sa source dans le patrimoine de l’Eglise indivise.